Section de Montpellier

Section de Montpellier
Accueil
 
 
 
 

Contribution de Roger Moncharmont

PCF conférence nationale du 5 novembre 2016

 

contribution de Roger Moncharmont (section de Montpellier - Hérault)

le 25 Octobre 2016

 

1- Avant de faire des choix il convient d'en peser soigneusement les termes. Le conseil national nous propose une première formulation :

- comment construire le rassemblement que nous voulons ? Quelles nouvelles initiatives prendre ? Comment créer une dynamique politique avec la consultation populaire et citoyenne que nous avons lancée ?

- quelles initiatives prendre pour les législatives ?

- quel choix de candidature à l'élection présidentielle ?

 

2- Il ne s'agit pas de refaire le Congrès, encore moins de le refaire à l'envers. En matière de rassemblement populaire, le Congrès a pris des décisions :

 

21- le PCF a reformulé ses objectifs politiques finaux, les raisons d'être communiste, la modernité réaffirmée du communisme ; il s'est livré à un travail d'actualisation de ses conceptions et de rénovation du langage qui porte ses idées. Fondamentalement, pour rassembler une majorité populaire travaillant dans la durée à la réalisation d'objectifs révolutionnaires, il faut lui donner de l'élan, lui indiquer clairement un chemin. Allons nous porter oui ou non notre nouveau manifeste : « le temps du commun » ou bien ce dernier va t-il prendre le même chemin que « l'Humanifeste : il est grand temps de rallumer les étoiles », c'est à dire le chemin de l'oubli et du pilon. Allons nous le porter, l'enrichir, le divulguer ? Je propose que nous commencions par l'éditer en brochure populaire.

 

22- le PCF a précisé sa conception d'un processus révolutionnaire, alternant luttes populaires, sociales, environnementales et prises de positions institutionnelles. Ne sous estimons pas la possibilité de lever un grand mouvement social et de faire jouer l'extraordinaire force de l'action collective des producteurs quand ces derniers le décident.

 

 

23- enfin il a tiré les enseignements du front de gauche, de façon à donner plus d'efficacité à cette stratégie de front, à corriger les imperfections initiales, à le porter plus loin. Il a explicitement décidé dans son Congrès de travailler à l'émergence d'assemblées populaires accueillant sans distinction citoyen-nes adhérents à un parti et citoyens non affiliés, en vue de permettre à tous de s'impliquer activement dans le processus.

 

Les périodes électorales ne sont guère favorables à l'activité politique des simples citoyen-nes. Elles mettent les partis sur le devant de la scène. Elles transforment les militants en porte drapeaux. Le « cirque » dans lequel se transforme l'activité politique, sous l'impulsion conjointe de l'argent, du présidentialisme, du système médiatique, éloigne les simples gens.

 

La bonne question à se poser est la façon suivante :

 

quelle doit être notre pratique politique afin de favoriser l'expression civique, l'écoute réciproque, la formulation conjointe d'objectifs politiques de transformation ? Dans cette période la question centrale est de ne pas céder sur le rapport sincère et profond avec les gens, et de garder le parti tourné vers les catégories sociales qu'il représente en premier lieu, les travailleurs, les salariés, les ouvriers, les artisans, les exploitants agricoles familiaux, les créateurs.

 

La consultation citoyenne est une bonne pratique. Dommage que beaucoup de communistes et d'organisations communistes, omnubilés par la présidentielle n'y aient pas cru et n'aient pas cru devoir s'en saisir. 500 000 questionnaires c'était faisable, cela aurait eu plus d'impact que 65 000.

 

Créer des liens, aller vers les gens de manière méthodique et organisée, rencontrer ceux et celles qui agissent et qui luttent et se positionner à leur côté de bonne façon, sans faire à leur place, en les appuyant et en formulant ensemble des objectifs politiques progressistes.

 

La première vague du Front de gauche celle de 2012 a laissé des traces, il reste des comités, des collectifs, des assemblées citoyennes. Il convient d'en être et de contribuer à leur activité. Quand les conditions existent contribuer à en créer.

 

Nous ne pouvons éviter de nous poser des questions sur la nature du mouvement France Insoumise. Contrairement à Podemos, ce mouvement s'est construit d'en haut, sur la base de conceptions intellectuelles, et autour d'une forte personnalité politique. Il est marqué par l'opportunité électorale (élection présidentielle) et contribue à en renforcer les effets pernicieux, même si le but affiché est de dissoudre la fonction présidentielle. Mais il y a là incontestablement un mouvement réel, relativement dynamique, ayant su se doter de modes de fonctionnement nouveaux et intéressants : auditions, votes électroniques, conventions... A la base aussi, il faut examiner les choses de manière objective, sans agressivité : combien de groupes, quelle activité, quelle capacité politique avec la limitation à 12 favorisant la construction collective? Une chose est sûre, ce mouvement emprunte beaucoup au Front de gauche : son programme (l' « avenir en commun », décidément le « commun » !) est fortement inspiré de « l'humain d'abord », dont il procède à l'actualisation unilatérale mais nécessaire ; la stature de son initiateur s'est fortement élevée sur les efforts communs du Front de gauche qui en a fait son candidat en 2012 ; pour beaucoup de travailleurs Mélenchon, c'est « le front de gauche », c'est un peu nous.

En résumé, je ne comprendrais pas qu'une conférence nationale défasse ce que le congrès a fait. S'agissant du rassemblement populaire, pas seulement pour 2017, mais pour toute la période, nos choix sont faits et il faut s'y tenir.

 

3-Quand on veut vaincre un adversaire, on commence par ne pas faire comme lui. Le présidentialisme défigure la démocratie, confisque la souveraineté du peuple.

 

Alors luttons pour imposer réellement dans le débat public la primauté des élections législatives.

 

Nous avons quelques arguments et le peuple a quelque expérience : nous avons besoin de député-es hommes et femmes, représentatifs du  peuple, libres de tout autre mandat, actifs dans le mouvement social, dans la vie associative, dans le mouvement écologique, résolus à mener le combat pour la transformation sociale, responsables devant leurs électeurs-trices.

 

Nous avons besoin d'une force parlementaire solide, libre par rapport à l'exécutif, bien liée à sa base électorale par une pratique politique de terrain (conseils de circonscription, ateliers législatifs...)

 

Les mêmes citoyen-nes pour qui la candidature Mélenchon est aujourd'hui évidente, ne comprendraient pas que la gauche se désunisse dans les circonscriptions. Travaillons donc à faire émerger dans chaque circonscription à la fois l'exigence de contenu et l'exigence d'unité. Mettons en débat les critères d'une bonne candidature à la députation, une candidature qui rassemble, une candidature unique de la gauche de transformation . Ecoutons nous, regardons autour de nous, pour que la palette des candidat-es reflète la diversité des forces sociales, politiques, intellectuelles qui veulent le changement. Personne ne pourra s'opposer à la volonté d'union, si celle ci est portée par les citoyen-nes.

 

Je suis donc favorable à ce que le choix à faire par notre conférence nationale soit formulé de manière non ambigüe, de la manière suivante :

 

« Le PCF fidèle à l'idéal républicain selon lequel il n'est pas d'autre souveraineté que du peuple, considère l'élection des député-es comme l'élection primordiale. Il faut restaurer la primauté du pouvoir législatif.

 

Le peuple a besoin de député-es, hommes et femmes à parité, issu-es de toutes les catégories sociales - notamment des milieux ouvriers aujourd'hui non représentés - libres de tout autre mandat, s'engageant à une pratique politique démocratique visant à associer les électeur-trices par des consultations régulières, des conseils de circonscription, des ateliers législatifs. Ces député-es s'engageront à être responsables devant leurs électeurs.

Le PCF travaille à l'émergence d'une majorité parlementaire représentative d'une majorité politique populaire. Il récuse la formation d'une « majorité présidentielle », qui conduit à ligoter les député-es, à faire d'eux -sous peine de bâillon – des « godillots » d'un président tout puissant.

 

Le PCF invite toutes les forces politiques, les forces sociales, intellectuelles et de la création artistique, qui recherchent une alternative au capitalisme et au libéralisme, les militant-es de l'écologie, les amoureux de la paix, à travailler ensemble dans chaque circonscription pour faire émerger un mandatement populaire et une candidature de rassemblement, face aux candidats de la droite, de l'extrême droite et aussi face aux candidats portant les orientations politiques de l'exécutif actuel soutenu par la direction du PS.

 

Dans le cadre de ces rassemblements, le PCF mettra à disposition des candidatures issues de ses rangs, lorsqu'elles répondent aux critères avancés, et avec le souci de refléter dans sa diversité l'éventail des forces de changement. »

 

Pour / Contre

 

4- une fois ceci avancé, que faire de la présidentielle ?

 

Je suis favorable à prendre acte de la candidature de Jean Luc Mélenchon et de la soutenir de manière critique.

 

Je ne pense pas du tout qu'il soit possible de l'amener à accepter un cadre collectif.

 

Par contre, en s'appuyant sur l'aspiration à l'union, dans les circonscriptions, il est possible d'éviter l'écueil de candidatures multiples à gauche. Les membres de la France Insoumise devront bien composer avec la volonté unitaire si cette dernière est puissante, sous peine de se marquer du sceau de la division.

 

S'agissant de la candidature Mélenchon, le problème le plus ardu est celui de son orientation politique. Outre la tendance « bonapartiste » qu'il démontre, je prends au sérieux l'argumentation des camarades qui décèlent chez lui une orientation « souverainiste », contraire aux principes internationalistes de notre combat.

 

Je me prononce donc pour une campagne autonome du PCF, appelant à voter pour le candidat de « l'humain d'abord », mais n'hésitant pas à engager avec lui la controverse sur les questions litigieuses.

 

Bref le choix serait celui ci :

 

« Le PCF considère que la candidature de Jean Luc Mélenchon, appuyée sur le mouvement de la France insoumise, offre le meilleur choix possible à tous les citoyen-nes qui ont voté en 2012 pour « l'humain d'abord ».

 

Le PCF appuie donc cette candidature et prendra toutes les initiatives pour lui donner la force nécessaire, pour unir au premier tour les électeurs de l'humain d'abord, les milieux populaires abstentionnistes, les socialistes déçus par le quinquennat qui s'achève, les écologistes déçus par les hésitations de leurs dirigeants , et affronter victorieusement la droite au deuxième.

 

Faute de cadre collectif à ce jour, le PCF mènera une campagne électorale autonome, mettant en avant toutes les convergences existant entre le programme de la France insoumise : « l'avenir en commun » et son propre programme. »

 

Pour / contre

 

Personnellement je ne vois pas d'alternative à ce choix.

 

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.