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Contribution de Bastien Marchina

Contribution au questionnaire en vue du Congrès du PCF

I) Ordre du jour :

 

Je ne conteste pas en temps que telles les 3 questions posées, mais, d'une, il serait bon que le premier débat, sur le "Sens et actualité du combat communiste" se concentre sur un aggiornamento de notre définition politique de ce qu'est le communisme.

Cela permettrait de clarifier les contours des rassemblements que nous cherchons à mettre en place.

En particulier, l'on pourrait ainsi définir avec plus de clarté les contours que nous souhaitons donner à notre Parti communiste, et en regard, mieux nous positionner, tactiquement et stratégiquement, par rapport aux forces non communistes, mais avec qui nous partageons des combats communs.

 

II) Aborder la question du projet du PCF

 

Un point ne s'intégrant pas aux choix posés me parait saillant : il s'agit de notre capacité à mettre en lien nos propositions programmatiques avec la perspective politique, communiste, dans laquelle nous nous plaçons.

Il s'agit de réaffirmer notre intention de mettre fin à l'exploitation de l'Homme par l'Homme et ainsi et de construire une société libérée de la lutte des classes, maintenue, dans un monde ou l'humanité produit plus que ce dont elle à besoin pour vivre, par l'avidité des classes dirigeantes, la bourgeoisie en tête.

Il s'agit aussi de réfléchir plus avant à la manière dont la bourgeoisie exerce sa domination de classe. En particulier, la collusion entre haute fonction publique et endadrement supérieur du privé, qui va dans le sens du maintien des représentants dans une situation ou ils dirigent conjointement la société au nom de la bourgeoisie, doit être analysée plus avant.

Notre attachement aux conquètes sociales qui participent du système d'économie mixte qui domine en France aujourd'hui ne doit pas nous aveugler sur les transformations qui ont touché nombre de services publics, allant parfois jusqu'à les façonner en des outils de renforcement du contrôle social exercé sur les travailleurs. On pense ici à Pôle Emploi qui en est l'exemple le plus frappant.

 

III) Défis du combat communsite

 

Le succès, à gauche, de forces qui s'en prennent à la "caste", peut s'expliquer par le fait que la bourgeoisie est inaccessible à la grande majorité de la population, qui n'en voit que les représentations, qui se veulent positives, qu'elle se donne (jet-set, mécénat, charité) et qui est concrètement dominée et exploitée par des DRH, inspecteurs, chefs de tous types, commerciaux et autres bureaucrates qui prétendent adminstrer le terrain sans rien n'en connaitre d'autre que ce que des statistiques contestables leur en rapportent.

Affiner notre analayse des formes de la domination de classe nous permettra de porter plus haut notre voix et notre projet de transformation radicale de la société en partant mieux de ce que vivent les gens pour les amener à s'organiser contre les vrais responsables de leurs problèmes.

 

D'autre part, il me semble décisif d'être capables d'expliquer en quoi consiste une économie régie selon les principes socalistes, ou même communistes. Nous défendons, en vérité, une démocratie économique, dans laquelle le champ de la décision démocratique est étendu des questions politiques aux questions fondamentales que sont : qu'est ce qu'on produit, pourquoi est-ce qu'on le produit, comment est-ce qu'on le produit.

 

IV) Bilan des expériences des dernières années

 

Nous devons résister à la tentation de nous dédouaner de nos propres erreurs en insistant sur le comportament exécrable adopté par notre candidat de 2012 dans la préparation des élections de 2017. Les contradictions qui nous mènent au bord de l'abîme sont d'abord issues de notre propre organisation : ce n'est pas de l'extérieur de celle-ci qu'est venu la réaction qui a mené à ce que le PCF reparte au 1er tour avec les socialistes dans la moitié des grandes villes, alors que ceux-ci menaient au gouvernement une politique de droite, au nom de la gauche, qui causait le double tord de ses propres conséquences et de la confusion qu'elles généraient en prime. La camapagne des "élus utiles" me parait symptomatique d'un état d'esprit du Parti qui, des représentations révolutionnaires que ses militants aiment se donner, ne garde qu'un peu de folklore lorsque des échéances électorales approchent.

 

V) Campagnes du PCF et consultation citoyenne

 

Il faudrait revenir sur les "élus utiles", comme dit précédemment. Il faudrait aussi revenir sur la campagne des présidentielles 2017 ou nous avons été incapables de créer un cadre de campagne dépassant nos propres forces. Si on peut imputer à la FI le fait que nous n'ayons pas travaillé plus avant avec elle, force est de constater que nous avons renoncé à rassembler au delà de nos propres rangs, en particulier les structures de bases issues du FDG ou les petites organisations qui y participaient. Aux 540 candidatures FI pour les législatives ont répondu 540 candidatures communistes, dès avant la rupture des négociations. C'est nous qui en payons le prix le plus élevé.

 

 

 

VI) Comment créer des dynamiques de changement majoritaires

 

Je n'aime pas la formulation, alambiquée au possible. Je préfèrerais qu'on s'interroge sur les potentiels existant en germe dans la société, portant un potentiel socialiste, ou communiste et sur les facteurs qui limite leur développement dans le sens que nous désirons. Un exemple est le dévelippement remarquable de plate-formes coopératives permettant d'organiser ses déplacements, ses vacances et autres. Le capital vient placer une poignée de têtes à leur direction, charge à eux de taxer cette coopération et de la maintenir dans les limites de ce qu'autorisent les lois de l'accumulation capitaliste. A partir d'une telle étude, on pourrait réfléchir aux contours politques que nous choisisserions pour que ces potentiels puissent s'exprimer dans le sens de nos ambitions pour la société.

 

VII) De qui voulons nous être le Parti

 

Nous devons avant tout chercher à être le parti de tous les communistes et, munis d'un outil fonctionnel et doté d'une force de frappe idéologique et militante, de chercher à rendre toutes les classes populaires commiunistes elles-aussi en faisant de notre parti un vecteur puissant de développement de la conscience de classe et du désir d'en finir avec l'exploitation de l'Homme par l'Homme.

 

VIII) De quel Parti avons nous besoin

 

Notre Parti doit prendre en compte l'évolution des moyens de communication et d'échange et doit sortir d'un triste paradoxe où il est fort là où ça ne compte guère et faible là ou nous devrions être capables de projeter sa force.

Nous sommes en effet faibles tant dans notre capacité à agir au plus près de la population, la faute à une structure de base, la section, définie à l'échelle d'une ou plusieurs communes, qui est adaptée à la dictussion générale ou au travail sur des grands sujets politiques mais pas à l'action militante de terrain.

De même, la dernière polémique inutile dans laquelle s'est embarquée notre porte-parole, quitte à accorder un satisfecit à la droite sur son projet de réserver le logement public aux plus pauvres nous montre que de grands effors, sur la forme comme sur le fond comme sur les personnes, sont à faire pour recommencer à exister en positif à une échelle de masse.

Au milileu de tout cela, un appareil intermédiaire pléthorique absorbe une large part des ressources du Parti, tout en étant investi par des camarades ayant également les mains sur les cordons de la bourse, vu leur surreprésentation dans notre réseau d'élus. On en vient souvent à ce que les ressources du Parti servent au renouvellement de son propre personnel, au détriment de la construction de positions politiques innovantes (et du coup, risquées).

 

IX) Quelle communication, quelle visibilité

 

Sur la question de la communication, il faudrait parvenir à redonner une impulsion décisive au quotidien qui a été notre organe central, afin qu'il sorte par le haut de la crise qui le mine. Il ne suffira pas de le renflouer périodiquement, il faudra choisir ce qu'on veut en faire : un quotidien généraliste "de gauche", ouvert aux idées communistes, pourquoi pas, mais la qualité journalistique doit alors s'élever largement. En refaire un quotidien communiste, qui porte avant tout nos idées, nos propositons et nos actions, pourquoi pas, mais il faudrait alors en reprendre le contrôle.

De toutes manières un journal ne suffit plus. Nous devons investir les réseaux sociaux de manière bien plus efficace que maintenant. Cela ne passera pas par une action d'appareil allant du haut vers le bas, mais dans une dialectique entre une élaboration politique à nouveau visiblement porteuse, associée à un soutien à des initiatives venant de la base et permettant de créer, ou de populariser, ou encore de coordonner, des communautés portant à leur manière le projet communiste.

 

X) Autres propositions de chantiers

 

Je n'en ai pas parlé ailleurs, c'est parce que le travail mené par les commissions antiracisme, féminisme et LGBT du PCF font un travail qui me convient sur la question du fond politique. Par contre, il faudrait que ces commissions, comme les autres d'ailleurs, soient mieux relayées dans toute l'organisation et leur production mieux diffusée parmi les militants, afin que notre combat pour l'émancipation humaine soit mené dans toutes les directions nécéssaires.

 

XI) Processus d’élaboration de la base commune

 

Tout ceci est très bien, mais je pense qu'li reste nécessaire de permettre l'expression de camarades, individuellement ou en groupe, sur l'intégralité des sujets liés à l'orientation. Sans défendre un fonctionnement en tendence, il ne faudrait pas que les chantiers ne viennent fragmenter les débats et interdire une réflexion - et une critique - d'ensemble du bilan et de l'orientation du Parti.

 

A Montpellier, le 03/11/2017

Bastien MARCHINA

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