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Contributions au congrès extrordinaire de 2018 - Contribution de Serge RESSIGUIER

Serge Ressiguier, PCF Fédération de l’Hérault (34), Section de Montpellier, Cellule Mandela ressiguierserge@wanadoo.fr  

Contribution pour le Congrès extraordinaire prévu en 2018

Avertissement : chères et chers camarades, j’ai repris le déroulé en gros proposé dans le questionnaire : A/ Le Projet B/ Bilan et stratégie C/ Les transformations du PCF

J’ai conscience de proposer des réponses, mais ces réponses impliquent en fait des thèmes, des questions à traiter ; bien entendu tout cela est partiel, et de plus ce n’est que l’état provisoire de mes expériences et de mes réflexions, sans figer quoi que ce soit….

Le Temps du Commun : construire un rapport de forces et rénover le Parti pour que vive l’apport irremplaçable du PCF

A/ Notre projet :

a/ Il faut en finir avec cette obsolescence programmée qui fait que nos documents, aussitôt parus, sont oubliés et remplacés par d’autres : le Temps du Commun voté au Congrès est passé à la trappe, alors qu’il avance (malgré longueurs et redites) des éléments fondamentaux, et profondément marxiens, sur ce qu’est le mouvement réel communiste en travail, à l’échelle de la planète…il s’agit bien, attention aux lectures erronées de certains camarades, non pas de vœux pieux de fraternité entre capitalistes exploiteurs et salariés, mais d’urgences déjà à l’œuvre, déjà en travail dans nos sociétés : l’argent mis en commun dans les banques mais dont la gestion est confisquée par une classe, les savoirs qui se partagent, les pouvoirs associatifs et coopératifs…autant de points d’appui pour « pousser au bout » ce mouvement vers le Commun, économico-social, écologique, politique, culturel-anthropologique, avec des batailles de classe acharnées où nous devons aider au rassemblement planétaire des 99 %.
Quant à la France en commun, il faut créer les conditions de son appropriation effective, dans la théorie et dans la pratique militante; je suis prêt à y prendre ma part, dans le cadre d’un travail continu de formation, du national au local. Exemple : prix Nobel de la paix pour les forces (ICAN) militant pour l’abolition des armes nucléaires : le PCF est le SEUL parti politique représenté au Parlement, qui à quatre reprises intègre dans son programme officiel, l’abolition de l’arme nucléaire (pages 56, 57, 72). Qui le sait ? Pourquoi ne pas nous en emparer ?
Paradoxalement, je crois qu’il faut à la fois :
Préciser concrètement certains éléments (par exemple, selon quelles modalités précises les salariés, précaires et chômeurs compris, doivent exercer leurs pouvoirs d’intervention et de décision, dans les entreprises et auprès des banques, dont il est maintes fois question ?)
ET condenser en formules claires ces propositions ; mieux présenter et structurer l’ensemble, souvent trop brouillon. A cet égard, prenons exemple sur « L’avenir en commun », la brochure de JLM / FI (je ne parle pas du contenu, mais de son excellente présentation).

B/ Bilan et stratégie :
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a/ Il est indispensable de rappeler, brièvement mais fermement, que les reniements de ce qui a été longtemps la mouvance réformiste de la gauche incarnée par le PS, ont été cette fois sans précédent depuis 1940 (ministre Sérol condamnant à mort les communistes, vote très majoritaire des députés SFIO pour les pleins pouvoirs à Pétain), et que la responsabilité de la direction majoritaire du PS est à cet égard écrasante, y compris le torpillage présidentiel de leur propre candidat réformiste de gauche, Léo Hamon. Cela atteste sans doute du fait que la marge de manœuvre du réformisme s’est beaucoup rétrécie, le capitalisme mondialisé ayant désormais besoin d’exploiter tous les domaines de la vie pour assurer ses taux de profit, sans plus laisser aucun domaine en dehors de sa logique prédatrice.
ET en même temps, se garder de tout sectarisme auprès des salariés et aussi des militants, car si le PS ou EELV sont morts (pas sûr), le réformisme est quant à lui une création continue ; il faut dans la logique du mouvement tel que décrit par Marx, s’appuyer sur tout ce qui bouge afin de le pousser plus loin dans le sens du Commun. Cela va de signatures conjointes au Parlement afin d’atteindre le nombre requis pour un recours anti-Ordonnances auprès du Conseil constitutionnel, à une militance quotidienne auprès de tous, en passant par le trop limité mais bon travail mené au Conseil Régional Occitanie (bataille du rail, notamment).

b/ Evaluer clairement la bataille présidentielle et législatives

Réaffirmer bien clairement : plus jamais ça. Et s’en donner les moyens.
La force propulsive, irrésistible dans les conditions capitalistes actuelles, de la Présidentielle sur les Législatives, a été gravement sous-évaluée par nous. On n’a rien pu faire contre cette déferlante, nous sommes électoralement écrasés aux Législatives dans l’Hérault et ailleurs, malgré 11 réussites nationales, obtenues d’ailleurs dans des conditions très diverses, et qui font figure d’heureuses exceptions.
Leçon à tirer : il n’est plus question de s’effacer à la Présidentielle, en espérant qu’une présence indirecte suffira (notre soutien autonome à JLM). Cela se prépare : il faut former bien à l’avance un-e des candidat-e-s potentiel-le-s solides, et aussi un mode de mobilisation citoyenne efficace s’appuyant sur le Parti mais pour aller très au-delà. Bref, une présence de droit et de fait dans la campagne et dans les médias dès la Présidentielle, quel que soit notre choix ultime pour la candidature officielle finale (une candidature communiste à tout prix à 2 % n’est pas forcément la solution), qui nous permette d’apparaître comme une vraie force pour les Législatives, et non pas de simples suppliants qui dans l’impuissance plaident pour le rassemblement.
Il faut établir d’emblée un rapport de forces favorable, et la conscience dans le peuple que l’APPORT communiste est vital, essentiel à la transformation sociale.
Et cela presse : déjà l’Europe, puis les municipales, vont arriver plus vite qu’on ne pense.

c/ Apports, spécificité du PCF :

L’intervention directe des collectifs de salariés et d’usagers, et des collectivités pour s’emparer du crédit bancaire, dont l’enjeu pèse 10 fois à 20 fois plus lourd que le budget de l’Etat ; pouvoirs non seulement défensifs, mais d’intervention et de décision (organisation du travail, choix stratégiques), dans les entreprises et services publics ; Sécurité Travail Formation qui supprime la case chômage et commence à sortir le travailleur du « marché » ; prise en compte planétaire des enjeux énergétiques et écologiques (sortir du tout carbone et aussi du capitalisme vert avec ses gadgets) ; dimension planétaire, et déjà européenne, des investissements à effectuer pour prendre le pouvoir aux transnationales et régler les problèmes de la planète ; tout cela est contenu dans La France en Commun, même si certains aspects sont à mieux souligner : par exemple la distinction nette entre :

1/ la politique criminelle de l’Union Européenne (coopération active avec les crimes de l’actuel Etat d’Israël, assassinat bancaire du peuple Grec, monde du travail et écologie laminés au service des lobbies qui campent dans les locaux de « l’indépendante » Commission de Bruxelles avec l’appui des chefs de gouvernement)…ET…

2/ la nécessité vitale de construire une BCE et Europe par et pour les peuples, point d’appui pour une mise en commun planétaire.
A la lumière de ces apports on peut faire une évaluation à la fois non sectaire mais lucide, de F.I. menée par JLM :  Le contenu : une sorte d’étatisme de gauche (sans le mot « gauche »), la 6ème République ne viendra qu’après (une 6ème République où les élus seraient bien plus surveillés que banques et entreprises capitalistes). Une sorte d’aile gauche du Mitterrandisme des années 1980-1982, la colère populaire et le sens du défi en plus (sens du défi et expression de la colère dont on ferait bien, la posture en moins, de s’inspirer). Les mesures sur banques et entreprises (droits des travailleurs) sont à cet égard timides, et subordonnées à cet Etat jacobin de gauche censé créer un rapport de forces suffisant en Europe et dans le monde. D’où certaines mesures non seulement insuffisantes mais parfois critiquables : la CSG maintenue et aggravée en impôt d’Etat (impôt sur le revenu, p 64) pour financer la Sécu, alors que celle-ci doit redevenir comme à la Libération un organisme autogéré (3/4 salariés, 1/4 patronat), puisant ses cotisations (en lieu et place des dividendes) à la source de la création des richesses : les entreprises ; ou encore, un « oubli » sur l’abolition de l’arme nucléaire ; ou cette fixation contre le nucléaire civil (public et sécurisé), avec ses « oublis » : enjeux de la sortie urgente du carbone, du développement planétaire face à la misère, efficacité très marginale de l’éolien et du photo voltaïque… Mais même en l’état, ce contenu représente une dimension très progressiste possédant de grandes potentialités de convergence. Il faut relire Marx et entre autres la quatrième partie du Manifeste, où il appelle les communistes à des actions convergentes avec des forces qui n’atteignent pas le niveau de F.I.  Leur stratégie = JLM + un rassemblement F.I. informel avec le numérique, à la fois très ouvert et hyper centralisé. Quelques exploits, ou presque : score très haut de JLM, et 17 députés (dont une à Montpellier) pour un mouvement qui vient de naître. F.I. est intronisée par les médias du capital, première (voire unique) opposante à Macron. En même temps, n’oublions pas qu’après la Présidentielle JLM se déclarait prêt à gouverner avec sa majorité de députés (soit 289 au moins), on en est loin. L’alternative sociale n’a pas eu lieu, elle était pourtant la justification d’une sorte de parti unique de la transformation sociale, signature de leur « Charte » obligatoire, avec refus de principe de toute alliance y compris avec le PCF.
Stratégie désastreuse, non pas hégémonique comme on le dit (nous cherchons tous à ce que nos idées le deviennent), mais exclusive de toute autre force (y compris le PG, promis à disparaître, et Ensemble probablement), ce qui est nouveau.  Bien entendu la vie est là : des poussées de rapprochement s’esquissent à l’Assemblée, grâce à l’attitude intelligente de nos député-e-s. La Région Occitanie elle aussi (avec toutes ses limites) sort du schéma sectaire. Et surtout il y a le peuple, les contacts à venir dans le développement des luttes (le cordon sanitaire créé par FI dans les manifs entre eux et les autres, sautera par la même occasion). Le vrai rassemblement dépendra pour une bonne part de la capacité de notre Parti à créer le rapport de forces pour la transformation sociale, c’est-à-dire le dépassement-sortie du capitalisme financier mondialisé.  

C/ Un Parti à la hauteur.

Créer un rapport de forces : non pas se replier ni hurler plus fort que les autres, mais faire en sorte que les apports essentiels du PCF sortent de leur bocal, afin de « devenir une force matérielle » en interaction avec la masse consciente et agissante des citoyens.  Retrouver face aux crimes commis par la domination capitaliste, et tout en évitant la gesticulation superficielle, un certain sens du défi, de la colère constructive, de la fierté (voir F.I.). Des progrès récents à cet égard sont, me semble-t-il, encourageants  Ne plus écrire le mot « gauche » quatre fois en trois lignes ; cette notion, certes à faire vivre chaque fois que cela fait avancer les choses, n’est plus le logiciel unique de nos perspectives ; le peuple, et accessoirement les médias les rares fois où nous y sommes, doivent entendre qui sont nos adversaires (le 1 % du capitalisme financier mondialisé et leurs servants), et quelles sont nos perspectives : « humain d’abord », «(gauche de) transformation sociale », « sortie du capitalisme », « le temps du commun » (richesses, savoirs, pouvoirs), « communisme » avec  tous les points d’appui donnés par le mouvement réel, par les urgences et possibilités qui germent de partout. Loin de desservir les combats quotidiens, cela les éclairera : n’est-ce pas cette perspective qui nous anime, nous ? Alors pourquoi en priver les autres ? Là aussi, des progrès récents me semblent encourageants.  Le « En marche » de Macron (avec son tissu d’escroqueries ringardes pseudo-modernes à destination des jeunes petits-bourgeois, mais la baudruche est en train de se dégonfler), la « France Insoumise » de JLM (soulèvement militant chapeauté par un centralisme présidentiel, sans aucune instance intermédiaire), ont su capter quelque chose de l’air du temps : comment en garder le meilleur, cette capacité à impliquer via le numérique notamment, sans lourdeur ni réunionnite excessive ni examens de passage, une certaine soif d’engagement et de participation citoyenne ?  Plus concrètement : o Réhabiliter nos actions : pas une réunion du PCF sans un bref et synthétique « retour »  sur nos actions engagées (seuls, ou avec d’autres) dans l’intervalle : quel accueil des gens, quelles limites et réussites, quels prolongements. o Multiplier l’impact de nos actions par 100, par 1000…en les faisant connaître : avec le numérique notamment : une photo, 3 lignes de compte-rendu sur les faits et l’accueil de la population, 2 lignes sur nos propositions ; à la fois en interne, et auprès de sympathisants-contacts, et en externe, voire médias officiels. o Des structures de base RECONNUES, cellules notamment mais pas seulement, doivent être une priorité (en évitant bien entendu cloisonnement-isolement des communistes) : actions ou rencontres de proximité, intégration des nouveaux et aussi de citoyen-ne-s non adhérent-e-s désireux et désireuses de travailler avec nous à la transformation sociale. Liberté complète d’initiative et d’action, avec pour seule obligation l’information systématique vers l’instance plus large (section). C’est tout à fait vital dans les grandes villes, où la section seule ne peut absolument pas remplir ces objectifs. o Les animateurs doivent être à l’affût des attentes, motivations, compétences des camarades et leur permettre de les exprimer dans la pratique, loin de tout enjeu de pouvoir en interne ou de phénomène de cour. o Doubler à tous les niveaux les responsabilités d’animation (avec par exemple titulaire ET adjoint-e) : d’abord en cas d’absence du titulaire pour ne pas rompre la continuité, ensuite pour préparer la relève, notamment en direction des jeunes et pour la parité. o Privilégier à tous les niveaux de responsabilité et d’animation (du local au national), des camarades qui ont des capacités opérationnelles, pour mener concrètement à bien une action, une campagne, etc.
 
Bien fraternellement
Serge Ressiguier, Montpellier 9 Octobre 2017.

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